Les expériences de racisme, de discrimination et de stigmatisation dans les établissements d’enseignement ont créé des obstacles à la création d’environnements d’apprentissage culturellement sécurisants. D’ailleurs, malgré le constat d’un écart de réussite chez les élèves autochtones près de 20 ans auparavant, le Vérificateur général du Québec indique dans son rapport publié en 2024 que « peu d’actions ont été mises en œuvre pour favoriser leur réussite » et pour « assurer un environnement scolaire sécurisant et culturellement pertinent » (Vérificateur général du Québec, 2024, chap. 4, p. 3). Il souligne notamment l’importance de la relation de confiance avec le personnel scolaire et de la reconnaissance culturelle pour la réussite de ces élèves. Dans ce contexte, afin que les personnes apprenantes autochtones puissent se sentir en sécurité, respectées dans leur identité et en mesure de s’épanouir, il est essentiel d’entreprendre une démarche de sécurisation culturelle, laquelle s’inscrit dans un processus progressif qui repose sur trois étapes :
Conscience culturelle : reconnaître l’existence de différences culturelles et prendre conscience de ses propres repères, biais ou préjugés.
Sensibilité culturelle : avoir une ouverture et une volonté d’adapter ses attitudes et comportements afin d’éviter de reproduire des dynamiques coloniales ou discriminatoires.
Compétence culturelle : pouvoir mettre en place des pratiques concrètes, adaptées et respectueuses, en créant des environnements accueillants et sécurisants, et en adoptant des attitudes fondées sur la réciprocité.
Il s’agit d’un processus continu d’apprentissage, de remise en question et d’actions, qui contribue à la sécurisation culturelle et à la promotion de relations respectueuses et équitables avec les Premières Nations et les Inuit.
La sécurisation culturelle ne se limite pas aux attitudes et aux interactions des personnes. Il importe également de porter un regard critique sur les textes et le matériel pédagogique utilisés en contexte scolaire. Les textes ne sont jamais neutres : ils sont construits à partir de perspectives particulières et peuvent véhiculer certaines représentations du monde (Janks, 2009). Des textes très ancrés dans une culture autre que celle de la personne apprenante, qui abordent des sujets sensibles sans contexte ou encore qui contiennent des stéréotypes, peuvent nuire à sa capacité de compréhension et à son sentiment de sécurité.