Les principes de l’apprentissage autochtone reflètent les cultures. Ainsi, l’apprentissage est un processus holistique et volontaire, qui touche toutes les dimensions de l’être (la tête, le corps, le cœur et l’esprit) et qui se poursuit tout au long de la vie. Les relations entretenues avec les autres et les expériences de vie réalisées contribuent, chacune à leur façon, à façonner la personne apprenante. Il n’y a pas de hiérarchisation des savoirs et des individus : toutes les disciplines ont la même importance et la personne enseignante, plutôt que d’être considérée comme la détentrice de savoirs, exerce un rôle de guide qui enrichit les connaissances de l’apprenant ou de l’apprenante. La culture, la langue et le Territoire sont les fondements de l’apprentissage en contexte autochtone. La réussite éducative n’est pas individuelle, mais collective : les apprentissages s’inscrivent dans une relation de réciprocité et de partage des connaissances, visant le mieux-être global de l’individu tout en contribuant à celui de sa famille et de sa communauté. Ainsi, le modèle éducatif mis en place et valorisé dans les établissements d’éducation entre en contradiction avec plusieurs principes de la vision autochtone de l’apprentissage, ce qui est confrontant pour les personnes apprenantes.
La pédagogie autochtone met de l’avant une approche globale plutôt que séquentielle. Selon cette approche, les personnes apprenantes comprennent davantage lorsqu’elles voient des schémas et des images plutôt qu’un texte écrit, apprennent plus facilement quand elles peuvent manipuler des objets réels, observer et imiter, et doivent se laisser le temps de réfléchir pour mieux traiter l’information et intégrer les nouveaux concepts enseignés (particulièrement en contexte de langue seconde). Cette approche privilégie également le fait de rendre explicites les applications concrètes des concepts à l’étude afin d’engager activement la personne apprenante dans ses apprentissages.
Cette manière d’enseigner, bien qu’ancrée dans les pédagogies autochtones, s’avère bénéfique pour la réussite de l’ensemble des personnes apprenantes, qu’elles soient autochtones ou allochtones.