Lexique

Le présent lexique ne vise pas à redéfinir des termes qui font déjà l’objet de définitions reconnues dans des ouvrages, référentiels ou lexiques spécialisés. De nombreux concepts liés aux réalités autochtones, à la réconciliation et à l’éducation ont été définis avec rigueur par des organisations, des communautés et des instances compétentes. À titre complémentaire, le portail Les Voix du Territoire propose également des lexiques et des ressources issus de sources authentiques pouvant enrichir la compréhension de ces notions. Le présent travail s’inscrit dans cette continuité : il ne cherche pas à se substituer aux travaux existants, mais à offrir un éclairage contextualisé sur la compétence 15 et son application en milieu éducatif.

Les termes retenus ont été sélectionnés selon des critères précis : leur pertinence culturelle et leur alignement sur les réalités des communautés; leur contribution à la valorisation des savoirs, des visions du monde, des cultures et de l’histoire des Premières Nations et des Inuit; leur capacité à soutenir le bien-être des personnes apprenantes; leur apport concret à la posture professionnelle, aux relations et aux pratiques éducatives; leur lien direct avec la sécurisation et l’humilité culturelles; ainsi que leur potentiel de mise en action.

Le lexique couvre ainsi différents champs complémentaires : les fondements culturels, la posture professionnelle, les relations communautaires, les pratiques pédagogiques et la visée sociale, notamment en matière d’autodétermination et de réconciliation. Il se veut un outil d’accompagnement favorisant une compréhension partagée et un engagement réfléchi dans la mise en œuvre de la compétence 15.

Réconciliation

La réconciliation est un processus nécessitant :

  1. la reconnaissance de la vérité historique;
  2. la réparation par des actions intentionnelles et collaboratives;
  3. des relations authentiques et empreintes de respect, de réciprocité, d’équité et de confiance.

Notre définition est basée sur les travaux de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, plus précisément les appels à l’action 6 à 17 et 62 à 65.

En contexte scolaire, la réconciliation passe par la formation du personnel enseignant sur les violences coloniales, les actions d’intégration des réalités autochtones dans les curriculums et les activités scolaires, ainsi que la création d’espaces de rencontres entre les personnes apprenantes et les autres acteurs et actrices des milieux d’apprentissage allochtones et autochtones.

Communauté

Ce terme renvoie à un ensemble de personnes qui partagent un territoire, une histoire, une culture, une langue, ainsi que des liens humains, familiaux et culturels. Il inclut tous les membres d’une Nation, peu importe leur(s) lieu(x) de résidence, et reconnaît la continuité culturelle et sociale. Comme le terme « réserve » désigne l’endroit géographique auquel le gouvernement a limité les différentes Nations en vertu de la Loi sur les Indiens ainsi qu’aux mécanismes de dépossession des terres, le terme « communauté » est préférable à celui de « réserve ». À noter que, chez les Inuit, le terme « village » est généralement employé dans l’usage courant, plutôt que « communauté » ou « réserve ».

Apprentissage holistique

En contexte autochtone, ce modèle d’apprentissage repose sur l’idée que la personne apprend tout au long de sa vie et qu’elle doit être reconnue comme un être complet, complexe et intimement lié au monde qui l’entoure – sa famille, sa communauté, son histoire et sa culture.

En milieu scolaire, cette approche invite à soutenir de manière équilibrée les dimensions émotionnelle, mentale, spirituelle et physique de la personne apprenante, en complément du développement cognitif. Elle vise à favoriser le développement des savoirs, du savoir-faire et du savoir-être, tout en tenant compte de l’influence du contexte culturel et relationnel dans lequel évolue la personne apprenante.

Autochtones

Au niveau mondial, ce terme est utilisé pour désigner les populations occupant un territoire ancestral depuis des temps immémoriaux.

Dans le contexte canadien, « Autochtone » est plutôt un terme générique qui regroupe les trois peuples reconnus par la constitution de 1982, c’est-à-dire les Premières Nations, les Inuit et les Métis. Puisqu’il s’agit d’un terme englobant, il est préférable, lorsque possible, de nommer la Nation concernée afin de reconnaître l’identité spécifique des personnes et des communautés. Il demeure toutefois essentiel de s’assurer de l’exactitude de cette identification avant de l’utiliser. À cet effet, nous vous invitons à consulter les liens suivants : Carte interactive – APNQL (point de vue autochtone) et Les 11 nations autochtones du Québec – Gouvernement du Québec (point de vue du gouvernement provincial).

Premières Nations et Inuit

Il s’agit du terme privilégié dans ce guide pour faire référence aux Nations autochtones. Les 10 Premières Nations (Anishinabe, Atikamekw, Eeyou/Eenou, Innu/Ilnus, Kanien’kehá:ka, Mi’gmaq, Naskapi, W8banaki, Wendat, Wolastoqiyik) et les Inuit occupent le territoire maintenant connu sous le nom de Kebec.